Au décès d’un individu, la décence et l’usage imposent l’éloge du défunt… à condition que les actes de cette personne ne suscitent le dégoût et le mépris. Je laisse à d’autres le soin de vanter le rôle de Brigitte Bardot dans le cinéma français et sa contribution dans la défense des droits des animaux. Mais elle n’a pas fait que ça pour mériter votre attention. Brigitte, c’est plus que ça !

Sans se cacher derrière sa silhouette de rêve et son visage divin, Brigitte a pris tous les moyens pour mettre à nu son cœur empli d’intolérance envers toutes celles et ceux qui ont eu le malheur de ne pas lui ressembler. Loin de la bienséance qui appelle à l’hommage, je vous invite à examiner les dérives xénophobes de cette multirécidiviste, condamnée au moins à six reprises pour propos racistes et incitation à la haine raciale et religieuse. C’est aussi ça Brigitte !

C’est Brigitte qui a dit que les demandeurs d’asile, ces gueux, ces profanateurs, prennent d’assaut les églises de France pour les transformer en porcheries humaines. Elle a écrit « Le ramadan, je m’assieds dessus ». Brigitte a aussi comparé les victimes des attentats terroristes en France aux moutons sacrifiés dans la joie et la jouissance. C’est avec de tels propos qu’elle a ouvert son palmarès de condamnations pour propos racistes, incitation à la haine raciale et à la haine religieuse.

Ses deux premières condamnations lui ont valu des amendes de 1 550 et de 3 000 euros. C’était en 1997. Persistante et entêtée, son troisième dérapage lui a coûté 4 500 euros. Pour sa quatrième glissade, elle a écopé de 5 000 euros d’amende. Mais c’est sa 5e condamnation qui a le plus retenu l’attention.

Le 23 décembre 2006, Brigitte a publié une lettre ouverte adressée à Nicolas Sarkozy pour se plaindre d’une pratique religieuse des Musulmans : le sacrifice du mouton. Elle a alors dit à à celui qui était ministre de l’intérieur, « Il y en a marre d’être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes ». Le 3 juin 2008, la justice lui a donné la réplique avec une amende de 15 000 euros.

Cette cinquième condamnation n’a pas empêché Brigitte de redoubler sur la question du sacrifice du mouton. Le 15 octobre 2013, elle a écrit sur Twitter que les Musulmans « nous imposent leurs coutumes barbares, sanglantes et écœurantes, contraires aux principes laïcs et fondamentaux de notre République ». Le paradoxe est que Brigitte ne s’est pas opposée au sacrifice du mouton. Elle a demandé que ces bêtes soient étourdies avant d’être égorgées. Elle s’est fiée au décret de 1964 qui impose l’étourdissement des bêtes avant leur mise à mort. Sauf que…

Pour garantir le libre exercice des pratiques religieuses, le décret de 1964 comporte une dérogation aux pratiques classiques de l’abattage et introduit la notion « d’abattage rituel des animaux ».  Mais voilà que pour être certifié Halal, la bête doit être consciente, ne pas être étourdie avant la saignée.

Si avant de planifier ses attaques, Brigitte avait pris le temps de lire la copie du Nouvel Obs du 21 février 2012, elle aurait appris que la méthode d’abattage Halal était fortement contestée par plusieurs musulmans. Comme elle, de nombreuses personnalités influentes de cette communauté s’étaient prononcées en faveur d’un étourdissement des bêtes. De plus, dans Le Monde du 28 juin 2016, Audrey Garric écrivait que « certains pays musulmans, comme la Jordanie ou la Malaisie, tolèrent un étourdissement lors de l’abattage rituel, à condition qu’il soit réversible, c’est-à-dire qu’il ne provoque pas de mort de l’animal ». Cette position était connue bien des années avant le coup de gueule de Brigitte.

Plutôt que de s’allier aux personnes de cette communauté qui ont remis en question l’abattage sans étourdissement, Brigitte a choisi des attaques jugées racistes par la justice de son pays. De toute évidence, se mettre à dos les musulmans de France ne l’a pas rendue malade. Par contre, en optant pour des attaques frontales contre les pratiquants, elle a bêtement réussi à occulter la pratique et à surhausser sa réputation de vilaine.

La sixième condamnation de Brigitte remonte au 7 octobre 2021, lorsqu’elle a été légitimement alarmée par la maltraitance animale à l’ile de La Réunion. Encore une fois, plutôt que de cibler un problème flagrant, elle a attaqué l’ensemble des habitants de l’île, les qualifiant de « population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont les leurs ». Elle a ajouté que les Autochtones de l’île ont conservé « leurs gènes de sauvages et de cannibales des siècles passés ». La réponse est venue du tribunal judiciaire de Saint-Denis de l’ile de La Réunion.

Même si rien n’indique qu’elle pouvait ressentir de la honte, Brigitte a présenté ses excuses aux Réunionnaises et Réunionnais avant que ne tombe le verdict. Elle a déclaré dans son communiqué : « J’ai écrit avec mon cœur et avec ma rage. » Le tribunal a tout de même imposé à cette multirécidiviste une amende de 25 000 euros pour injures publiques à caractère racial et religieux, confirmant ainsi ce que les instances précédentes avaient détecté : le cœur de Brigitte était rempli de cette « haine de l’autre » qu’elle a de nombreuses fois exprimée avec rage.

Pour bien comprendre où se classe Brigitte dans le palmarès déshonorant des condamnés pour propos racistes et incitation à la haine de l’autre, sachez que malgré sa fulgurante progression, son allié d’hier Éric Zemmour, n’est toujours pas parvenu à la dépasser. Avec une dizaine de condamnations, seul son maitre-à-penser Jean-Marie Le Pen, champion incontesté, a réussi à reléguer l’icône du cinéma français à la deuxième marche du podium des détestables. C’est tellement ça Brigitte.

Derrière l’actrice, la chanteuse et la militante des droits des animaux, se cachait un personnage pitoyable et lamentable, contraint d’écrire dans sa biographie « Des larmes de combat », qu’elle n’avait jamais demandé à personne d’être raciste. C’était sûrement pour dissuader quiconque, moi le premier, de révéler à sa mort, sa vraie nature, ce côté obscur et dédaigneux six fois attesté par la justice de son pays.

Oui… C’est aussi ça l’héritage de la Bardot.